11e sommet européen des affaires - Ouvrir des possibilités industrielles - Une stratégie européenne pour la compétitivité: discours d'ouverture d'Herman van Rompuy

Type: Discours intégral   Référence: I078150   Durée: 21:17  Lieu: Bruxelles - Autoworld
Herman van Rompuy, président du Conseil européen, a prononcé un discours d’orientation sur le thème « Ouvrir des possibilités industrielles – Une stratégie européenne pour la compétitivité » lors du sommet européen des affaires le 15 mai 2013 à Bruxelles.

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HEURE DESCRIPTION DUREE
00:00:00 Discours (en ANGLAIS) de Herman van Rompuy, président du Conseil européen : Je suis très heureux de vous rejoindre aujourd’hui pour l’ouverture de cette nouvelle édition du sommet européen des affaires. Au fil des années, ce forum s’est imposé comme une plate-forme centrale : un lieu pour débattre des problèmes, présenter des idées, élaborer des solutions et, ce qui est le plus important, leur insuffler un élan et apporter le soutien nécessaire à leur réussite. À l’heure actuelle, rien ne pourrait être plus important que s’attacher à définir des orientations tangibles et des résultats concrets pour relancer la croissance et la création d’emplois. Il s’agit d’ouvrir des possibilités rapidement pour les entreprises, les investisseurs, l’industrie, car nous sommes engagés dans une course contre la montre. Des années de lutte harassante contre l’incendie commencent à porter leur fruit : les tensions sur les marchés se sont atténuées et nous pouvons finalement dire sans danger que les menaces existentielles de la crise financière sont derrière nous. Mais nous ne sommes pas encore sortis d’affaire, loin de là. L’Europe se trouve actuellement dans une période intermédiaire, après la violence de l’orage, mais avant la dissipation des nuages les plus noirs. Cependant, nos pays sont encore plongés dans une profonde crise économique. Aujourd’hui, les taux de chômage élevés et la croissance en perte de vitesse nous préoccupent tout particulièrement. Les prévisions en matière de croissance (comme les prévisions de printemps annuelles de la Commission) confirment les difficultés actuelles rencontrées par les entreprises et les ménages et entravant la relance de l’économie. Elles indiquent également, en moyenne, une reprise timide de la croissance cette année et un élan plus significatif l’année prochaine. Nous devons trouver les moyens d’écourter cet intervalle, de soutenir et d’accélérer la reprise et de combler le laps de temps qui s’écoule entre le retour à la stabilité financière et le retour à la croissance économique. 00:02:42
00:02:42 Discours (en ANGLAIS) de Herman van Rompuy : Cette tâche n’est pas aisée car nos économies ont durement été secouées par la crise financière et certains pays présentaient des problèmes industriels et économiques sérieux. En outre, la confiance des consommateurs et des entreprises a sérieusement été ébranlée lorsque les banques, puis l’intégrité de la zone euro, deux piliers de notre système, ont été menacées. Les conséquences sont loin d‘être terminées. La crise a mis au jour des vulnérabilités structurelles longtemps négligées : une compétitivité en perte de vitesse, des niveaux d’endettement ahurissants, des failles dans nos systèmes fiscaux et des lacunes conceptuelles de la zone euro. Si ces problèmes avaient été traités plus tôt, nos pays ne seraient pas dans la situation dans laquelle ils se trouvent aujourd’hui. Nous devons maintenant rattraper le temps perdu à cause de la complaisance et du manque de courage et de prévoyance des dernières décennies. Les fissures se creusent et il faut les combler de manière durable et solide. Et nous devons régler ces problèmes structurels en même temps que nous nous employons à relancer nos économies. Cette tâche est loin d’être facile, mais il s’agit de l’unique façon de guérir réellement nos économies. 00:01:42
00:04:24 Discours (en ANGLAIS) de Herman van Rompuy : Je l’ai dit auparavant et je le redirai aujourd’hui : il existe quatre « clés » pour ouvrir la voie vers la récupération. Quatre clés que nous devons utiliser simultanément. – Première clé : préserver la stabilité financière ; deuxième clé : améliorer la résilience de nos économies au moyen de finances publiques saines – centrées sur les efforts structurels – et d’une compétitivité renforcée ; - Troisième clé : lutter contre le chômage et soutenir la croissance à court terme ; - et quatrième clé : renforcer notre union économique et monétaire. Nous devons travailler sur ces quatre axes, en nous assurant de n’en négliger aucun : c’est la seule façon d’avancer. Les États membres déploient de gros efforts pour rétablir nos économies sur des bases solides. Les premiers résultats sont incontestables. Les déficits dans la zone euro ont baissé de moitié par rapport à ceux affichés au début de la crise. Et les pays ne s’emploient pas uniquement à contenir les dépenses, mais aussi à améliorer leur efficacité, au moment où nous avons réitéré l’importance de lutter contre l’évasion et la fraude fiscales, une question que j’ai placée en tête de l’agenda du Conseil européen de la semaine prochaine. La compétitivité s’améliore : entre 2010 et 2012, les coûts salariaux unitaires réels ont baissé dans dix États membres, y compris l’Irlande, la Grèce, l’Espagne et le Portugal, mais aussi dans des pays comme le Danemark ou la Pologne. Les exportations sont de nouveau en hausse et devraient constituer le principal moteur de croissance en 2013. Les exportations de biens et de services ont augmenté dans 21 États membres l’année dernière. De ce fait, les balances des transactions courantes affichent également une amélioration. Le ralentissement de la production industrielle est encore important, mais il y a lieu d’être modérément positif. La hausse nette des actifs matériels (ce que nous appelons la formation brute de capital fixe) devrait reprendre dans la deuxième moitié de l’année, et l’investissement dédié aux équipements enregistre déjà une reprise. 00:02:34
00:06:58 Discours (en ANGLAIS) de Herman van Rompuy : Ce sont des signes encourageants. Et les efforts qui les ont rendu possibles doivent se poursuivre. Il est vrai, toutefois, qu’il faudra du temps avant que l’économie n’en ressente totalement les effets, avant que ces résultats se traduisent finalement par plus de croissance et plus d’emplois. Voilà pourquoi, parallèlement à ces efforts, nous devons utiliser tous les autres leviers que nous pouvons mobiliser pour accélérer la reprise. Lors du Conseil européen de juin, nous nous pencherons sur deux questions : l’accès au crédit et la création d’emplois pour les jeunes. Nous travaillons de manière intensive pour présenter des propositions concrètes et, bien sûr, toutes les idées venant des États membres et des partenaires sociaux sont les bienvenues. Faciliter l’accès au crédit, pour évoquer le premier point, est effectivement une préoccupation majeure, notamment dans la zone euro où il existe des freins au crédit dans certains pays, qui entravent sérieusement l’activité économique, et, par conséquent, détériorent les perspectives de croissance. Relancer l’investissement à court terme est capital pour imprimer de l’élan à l’activité économique. C’est tout aussi important à long terme pour veiller à ce que nos économies puissent répondre aux besoins de demain. Pour cela, les entreprises comme les vôtres doivent avoir accès au financement. L’Union européenne joue son rôle dans le soutien aux investissements. Elle accompagne les gouvernements nationaux dans leurs propres actions, à travers notre budget européen commun et l’action de la Banque européenne d’investissement, qui a vu accroître considérablement sa capacité de prêt après une décision du Conseil européen en juin 2012. Mais, dans plusieurs pays européens, le problème est plus profond. Ainsi, même lorsque les écarts pour l’emprunt ont baissé pour leurs gouvernements, les taux d’intérêt pour les entreprises n’ont pas suivi. Il s’agit d’un problème que beaucoup d’entre vous connaissent bien. Aujourd’hui, il est beaucoup plus coûteux pour une entreprise portugaise ou italienne d’emprunter que pour une entreprise similaire basée en Autriche ou en Belgique. C’est non seulement plus cher, mais c’est aussi souvent plus difficile compte tenu des conditions d’octroi plus strictes appliquées par les banques, surtout pour les petites et moyennes entreprises. La fragmentation financière, qui se traduit par des conditions d’emprunt sévères inadmissibles dans certains pays, représente une réelle menace pour la croissance. Mettre fin à de telles pratiques est une priorité absolue, pour tous les gouvernements nationaux, pour toutes les institutions européennes, y compris la Banque centrale européenne. L’accès au financement est l’une des clés pour ouvrir des possibilités. Ce point est particulièrement important pour les petites et moyennes entreprises, lesquelles représentent près des trois quarts des emplois dans la zone euro. Cet aspect est donc vital pour l’emploi. 00:03:19
00:10:17 Discours (en ANGLAIS) de Herman van Rompuy : La lutte contre le chômage constitue un objectif prioritaire aujourd’hui. Le chômage grimpe non seulement en flèche dans tout le continent, mais il devient aussi de plus en plus durable. Pour les individus et les ménages, plus le chômage frappe tôt et plus longtemps, plus les effets sont dévastateurs et plus les cicatrices sur les vies individuelles, les sociétés et nos économies dans leur ensemble sont profondes. Il est donc capital que nous faisions tout notre possible pour lutter contre le chômage, contre la conjoncture économique, pour assurer le redressement économique aujourd’hui, mais aussi la santé à long terme de nos économies. Il n’y a pas d’autre priorité absolue que celle–là. Nous avons besoin de mesures à effet immédiat, ciblant les demandeurs d’emploi, surtout les jeunes. Les États membres ont pris la tête de ce combat et l’Union européenne se tient à leur côté. Nous devons donc travailler de concert : les entreprises, les autorités locales et nationales, les interlocuteurs européens, nous avons tous notre rôle à jouer. L’Union européenne fait tout ce qui est à sa portée pour aider et nous devons en faire beaucoup plus. Nous avons réaffecté des fonds européens non utilisés pour soutenir les initiatives nationales de lutte contre le chômage. Six milliards d’euros ont été mis de côté dans le nouveau budget européen pour les sept prochaines années afin d’appuyer une initiative pour l’emploi des jeunes proposée par les dirigeants réunis au sein du Conseil européen. Les discussions concernant ce budget sont en cours au Parlement européen et j’espère qu’elles aboutiront à un accord le plus tôt possible. Nous devons maintenant examiner comment accélérer l’impact de cette initiative et optimiser sa portée. J’ai commencé à mobiliser les dirigeants et, lors de notre sommet de juin, nous présenterons un certain nombre d’actions en faveur de l’emploi pour les jeunes européens. Les gouvernements se sont engagés à mettre en œuvre une Garantie pour la jeunesse, un dispositif visant à faire en sorte que chaque jeune se voie proposer un emploi de qualité, une formation continue, un apprentissage ou un stage dans les quatre mois suivant sa sortie de l'enseignement formel. Ceci n’est possible que si les dirigeants d’entreprise comme vous s’impliquent totalement. Ce n’est qu’avec votre engagement que nous pourrons combler le fossé qui sépare la salle de classe et le lieu de travail. Vous ne recrutez pas uniquement des employés : vous contribuez aussi à développer les compétences, vous nourrissez des talents, vous étendez les possibilités. Ce n’est qu’avec votre soutien que nous pourrons nous assurer que vos besoins sont couverts. J’appelle les dirigeants d’entreprise tout comme l’ensemble des partenaires sociaux à être créatifs, à oublier les vieux clivages et à travailler avec tous les partenaires pour trouver des solutions, dans vos pays et en Europe. Ce serait un grand moment pour l’Europe si les partenaires sociaux pouvaient se mettre d’accord sur un plan en faveur de l’emploi avant le Conseil européen de juin. 00:02:56
00:13:13 Discours (en ANGLAIS) de Herman van Rompuy : Dans les discussions que je maintiens avec les dirigeants nationaux, ici à Bruxelles et lors de mes visites, j’insiste sur le fait que des mesures à effet immédiat sur la croissance et l’emploi, quelles soient nationales ou collectives, devraient toujours s’accompagner de réformes structurelles qui améliorent le climat des affaires en levant les obstacles inutiles aux entreprises et en créant les conditions pour que celles-ci investissent, se développent et créent des emplois. Parce que les investissements ne proviennent pas uniquement de réductions soudaines d’impôts ou d’argent bon marché. Si l’environnement des entreprises global n’est pas bon, si la bureaucratie et l’imprévisibilité règnent, alors…les entrepreneurs ne suivront pas. Un environnement stable, prévisible, est fondamental pour susciter la confiance et constitue l’un des facteurs les plus importants pour favoriser les décisions en matière d’investissement, surtout dans le milieu industriel. Autre raison pour laquelle il est si important de continuer à travailler dans une perspective à long terme, de définir la direction que doivent prendre nos économies au-delà de la crise, pour les décennies à venir. Les investissements en matière d’infrastructure, d’innovation, requièrent une vision à long terme. C’est précisément avec cette approche que j’ai veillé à ce que, à chaque sommet du Conseil européen, les dirigeants consacrent un peu de leur temps ensemble aux questions clés pour la compétitivité. Et nous ne nous penchons pas uniquement sur les mesures immédiates nécessaires, mais aussi sur la direction que nous souhaitons prendre. Avant la fin de l’année, nous examinerons les engagements de notre pacte de croissance et nous maintiendrons un échange de vues initial sur la politique industrielle (en juin), nous aborderons l’innovation et notre stratégie numérique (en octobre), et la compétitivité et le rôle économique de notre industrie de défense (en décembre). À différents moments de l’année, nous nous consacrons également aux relations commerciales avec des partenaires clés – les négociations avec les États-Unis occupent naturellement le devant de la scène, mais beaucoup d’autres accords sont en cours. Une analyse exhaustive de la compétitivité industrielle est à l’ordre du jour de notre sommet de février 2014, en prévision d’une révision des objectifs de Europe 2020 en mars 2014. La semaine prochaine, outre les questions fiscales, le Conseil européen examinera un sujet d’une importance capitale pour les entreprises et l’industrie : l’énergie. C’est un point sur lequel je souhaiterais dire quelques mots avant de conclure. 00:03:00
00:16:13 Discours (en ANGLAIS) de Herman van Rompuy : Vous le savez mieux que personne : la rentabilité énergétique est fondamentale pour garder l’industrie – et les emplois – en Europe ; elle est indispensable à la croissance et elle est également capitale pour les ménages. Des prix de l’énergie élevés signifient généralement des prix élevés. Les prix de l’énergie pour l’industrie ont augmenté de 27 % en termes réels entre 2005 et le début de l’année 2012, plus que dans la plupart des économies industrialisées. L’année dernière, les prix du gaz pour l’industrie dans l’Union européenne étaient quatre fois plus importants qu’en Amérique. Grâce à leur nouveau « boom énergétique », les États-Unis vont devenir un exportateur de gaz net. Et d’autres, comme la Chine, suivront. Il apparaît maintenant très clairement que l’Europe pourrait finalement être le seul continent à dépendre des importations d’énergie. En 2035, notre dépendance vis-à-vis des importations de gaz et de pétrole atteindra déjà plus de 80 %. Cette dépendance aura un effet sur la compétitivité de nos entreprises et de notre économie dans son ensemble. C’est ce dilemme énergétique que je souhaite exposer aux membres du Conseil européen la semaine prochaine. Qu’est-ce que notre Union de l’énergie doit faire pour encourager la compétitivité et générer de la croissance en Europe ? Quelle action de notre Union peut rapporter le plus de valeur ajoutée ? 00:01:43
00:17:56 Discours (en ANGLAIS) de Herman van Rompuy : Il y a quatre questions clés que je veux aborder. – Premièrement, l’efficacité énergétique. Après tout, l’énergie la moins chère sera toujours celle que nous n’avons pas eu à consommer. – Deuxièmement, notre législation commune en matière d’énergie. Nous avons approuvé les outils pour ouvrir et intégrer nos marchés de l’énergie dans un marché réellement unique. L’emploi de ces outils nous permettrait en fait d’économiser chaque année jusqu’à 30 milliards d’euros en gaz et 35 milliards en électricité. Pourquoi ce marché n’est-il pas encore en place ? Comment pouvons-nous accélérer sa mise en œuvre ? – Troisième question : faciliter les investissements, pour moderniser notre infrastructure énergétique et veiller à ce que tous les États membres soient bien connectés à notre marché unique de l’énergie. D’ici 2020, nous aurons besoin de près d’un millier de milliards d’euros d’investissements. Et les investisseurs sont prêts à investir. Cependant, ils ont besoin d’un cadre prévisible en matière d‘énergie : l’industrie doit savoir quelles sont les règles du jeu. Pour notre énergie – et je devrais ajouter – pour notre politique sur le climat. C’est pertinent sur les plans écologique et économique. Quatrième et dernière question : la diversification des sources d’énergie, à la fois en termes de choix géographique pour nos importations, mais aussi en termes de ressources énergétiques locales. Nous devons soigneusement peser le potentiel de toutes les sources d’énergie conventionnelles et non conventionnelles présentes sur notre continent. Sans oublier, bien sûr, les énergies renouvelables, pour lesquelles nous nous sommes fixés un objectif ambitieux de 20 % de notre énergie totale d’ici 2020 (et globalement nous sommes sur la bonne voie). Elles constituent également un vaste potentiel en matière de création d’emplois. Nous devrions en tirer pleinement parti, surtout aujourd’hui alors que ces technologies deviennent de plus en plus matures. Le monde est en pleine révolution énergétique. Il est donc important d’aborder ces questions. Nous n’aurons pas nécessairement les réponses immédiatement, mais nous devons nourrir et faire avancer ce débat commun. En fin de compte, notre compétitivité mondiale dépend de notre capacité à relever ensemble les défis tels que ceux posés par l’énergie. Tirons parti de notre taille collective, pesons de tout notre poids sur la scène mondiale. C’est important pour les entreprises et les emplois européens. C’est important pour l’innovation et l’industrie européennes. Et, enfin, c’est important pour notre avenir commun. 00:03:22
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