Conférence R20 de Vienne sur "La mise en œuvre du futur énergétique durable": discours de Werner Faymann et José Manuel Barroso

Type: Discours intégral   Référence: I076023   Durée: 24:41  Lieu: Vienne
Werner Faymann, chancelier fédéral autrichien, et José Manuel Barroso, président de la CE, ont prononcé un discours à la conférence R20 sur l’implémentation de l’énergie durable à Vienne le 31 janvier 2013.

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HEURE DESCRIPTION DUREE
00:00:00 Discours (en ANGLAIS) de Werner Faymann, chancelier fédéral autrichien, disant que le gaspillage des ressources naturelles causé par le rattrapage économique des anciens pays émergents est un sujet majeur. Si nous souhaitons lutter contre le changement climatique, nous devons établir de véritables projets. Les conférences et les accords internationaux sont importants, les engagements en faveur de l’efficacité énergétique et de la réduction des gaz à effet de serre sont importants, mais il est encore plus important de faire en sorte que des projets concrets voient le jour. Nous devons assurer notre dépendance aux technologies durables. L’énergie nucléaire n’est pas une bonne option, il est donc fondamental de soutenir la recherche en matière d’énergies renouvelables alternatives. Nous nécessitons un nouveau triple A pour une économie saine, respectueuse de l’environnement. 00:07:13
00:07:13 Discours (en ANGLAIS) de José Manuel Barroso, président de la CE : Chancelier Faymann, Gouverneur Schwarzenegger, Directeur-général Yumkella, Premier ministre Ponta, Excellences, mesdames et messieurs, chers amis, le Chancelier Faymann a déjà exposé nombre de défis auxquels notre planète doit faire face, à l’intersection de nos besoins en énergie et de la protection du climat. Ce sont des défis que nous devons affronter ensemble, dans l’intérêt des générations actuelles et futures. Permettez-moi, cher Werner, de vous féliciter, non seulement pour votre discours énergique, mais aussi pour le rôle prédominant que l’Autriche et vous-même jouez dans le traitement de cette priorité qui revêt une importance extrême pour l’Union européenne. Il n’y a plus de temps à perdre. Nous approchons rapidement du seuil des 2 °C de hausse par rapport aux températures de l’ère pré-industrielle. Nous en constatons déjà les effets dans le monde : parfois de manière désastreuse et évidente, mais aussi de façon moins visible avec des changements successifs dans nos vies quotidiennes. Nous devons travailler ensemble, cela est certain, car les défis auxquels nous sommes confrontés, du réchauffement atmosphérique à l’insécurité énergétique, ne connaissent pas de frontières, mais aussi parce que la résolution de ces problèmes signifie l’abandon de la pensée économique traditionnelle et des méthodes politiques classiques. 00:02:15
00:09:28 Discours (en ANGLAIS) de José Manuel Barroso : Voici toute l’importance de cette conférence R20 : agir comme un catalyseur d’une pensée innovante, de nouvelles solutions et d’une action réelle sur le terrain. J’applaudis, par conséquent, le Gouverneur Schwarzenegger pour sa vision de créer l’initiative R20 qui noue des alliances diverses et solides en faveur d’une action pour le climat et de la durabilité, aux États-Unis mais aussi au plan international. Merci pour votre initiative. Du point vue de l’économie, nous ne pouvons affronter les défis du XXIe siècle avec un modèle de croissance des XIXe et XXe siècles. Du point de vue politique, il est important d’explorer l’ensemble des nouvelles approches. Regions20 est un exemple brillant de ce nouvel état d’esprit qui règne dans le monde de l’entreprise et dans la sphère gouvernemental à l’échelon régional, car il fait appel à l’expertise de nombreuses parties prenantes. Le travail de R20 est, à beaucoup d’égards, similaire à celui de l’Union européenne, car il met en relation différents acteurs à tous les niveaux pour coopérer à la résolution de défis communs et être plus forts ensemble. Cela a été, au sein de l’Union européenne, une méthode de travail couronnée de succès depuis la création de l’Union, mais nous aussi avons évolué. La durabilité est maintenant profondément ancrée dans toutes nos politiques. Le leadership de l’Union européenne en matière d’énergie et de climat s’appuie sur un « paquet » énergie-climat ambitieux qui fixe des objectifs à réaliser d’ici 2020. Je suis fier que cette initiative de la Commission européenne prise au cours de mon premier mandat ait fait l’unanimité auprès des États membres et qu’elle constitue aujourd’hui un point de référence au plan mondial. Ce paquet législatif établit trois objectifs majeurs pour la réduction des gaz à effet de serre (moins 20%), les énergies renouvelables (une part de 20 %) et les économies d’énergie (également de l’ordre de 20 %). Nous sommes sur la bonne voie et devrions réaliser ces objectifs. De plus, nos politiques en matière de climat et d’énergie sont au centre de l’agenda sur la croissance de la stratégie Europe 2020. Cet agenda a également été approuvé à l’unanimité par nos États membres. Il expose clairement l’engagement de notre Union en faveur d’une croissance à long terme intelligente, inclusive et surtout durable en Europe. 00:02:39
00:12:07 Discours (en ANGLAIS) de José Manuel Barroso : Tout aussi important, nous avons intégré cette approche dans les actions externes de l’Union européenne : des négociations sur le climat en tant que tel à la composante « verte » de l’aide internationale que nous apportons en notre qualité de donateur le plus généreux dans le monde. L’année 2012 a été une année décisive avec la tenue de deux conférences internationales : le Sommet Rio+20 et la conférence de Doha sur le changement climatique. Malheureusement, ces deux événements n’ont pas produit tous les résultats escomptés, mais nous avons établi un agenda précis et opérationnel pour l’avenir. J’imagine donc que nous avons progressé quelque peu. Ce n’est pas suffisant, mais quelques progrès ont été faits. C’est notamment le cas de Rio+20, qui a confirmé notre vision commune d’un avenir offrant une viabilité économique, sociale et environnementale à notre planète et aux générations actuelles et futures. Plus particulièrement, le concept d’Objectifs de développement durable, dont le principe a été approuvé à Rio de Janeiro, constituera un outil précieux pour l’avenir s’il est correctement mis en œuvre. L’Union européenne s’efforce d’étoffer ces objectifs et de les intégrer dans son agenda mondial plus ample en matière de développement. Ce ne sont pas que des bonnes intentions. Nous engageons les ressources pour concrétiser notre volonté politique. La Commission européenne a affecté près de 2 milliards d’euros à des projets associés aux résultats de Rio pour 2012 et 2013, avec un total avoisinant les 8 milliards d’euros pour le développement durable en général. L’action pour le climat et le développement durable constituent les deux revers de la même médaille : le réchauffement climatique amenuise les perspectives de développement et aggrave la pauvreté, surtout dans les pays les plus vulnérables, et pose finalement un problème de sécurité majeur en multipliant les risques de pénurie alimentaire, de migration et d’instabilité régionale. C’est la raison pour laquelle nous poursuivrons énergiquement l’objectif fixé dans le cadre de l’agenda qui fait suite à la conférence de Doha relatif à un traité mondial complet sur le climat à approuver d’ici 2015 et à mettre en œuvre avant 2020. Vous, qui travaillez au niveau régional, avez un rôle crucial à jouer dans la réalisation de ces objectifs. Vos actions, comme les projets portant sur les faibles émissions en carbone de R20, rapprochent les initiatives mondiales des personnes, des citoyens, et montrent que la durabilité n’est pas uniquement synonyme de « sacrifices à court terme pour des bénéfices à long terme », mais se traduit aussi par des avantages clairs pour les personnes dans leur vie de tous les jours ici et maintenant. Cette acceptation au quotidien est vitale pour assurer la durabilité. Bien sûr, compte tenu de la situation économique actuelle, il est difficile de trouver des ressources pour certains projets. La Commission européenne est consciente de cette difficulté et, d’ailleurs, nous réorientons notre politique régionale afin que les actions en faveur d’une croissance intelligente et durable, et de l’emploi bénéficient d’un meilleur soutien. Permettez-moi de vous donner un exemple local : la Commission européenne soutient à hauteur de 5,6 millions d’euros ce que l’on appelle le « cluster éco-construction » en Basse-Autriche. Le gouvernement régional collabore avec 200 partenaires pour développer les domaines de la recherche et de l’innovation, mais aussi pour mener des actions concrètes telles que la rénovation de vieux bâtiments et l’amélioration de leur efficacité énergétique, créant ainsi une croissance intelligente et durable, et de vrais emplois. 00:03:36
00:15:43 Discours (en ANGLAIS) de José Manuel Barroso : Mesdames et messieurs, ce dernier exemple montre une chose en particulier : la clé pour l’avenir réside dans la formation de partenariats approfondis entre tous les acteurs à chaque niveau. Ceux-ci, bien sûr, doivent impliquer les gouvernements à tous les niveaux, national, régional et local, mais il convient également que nous travaillions plus étroitement avec le milieu de l’entreprise. J’ai évoqué la nécessité d’adopter un nouvel état d’esprit et cela s’applique à nous tous, y compris aux entreprises, notamment à la manière dont les entreprises interagissent avec les gouvernements et les citoyens. L’investissement environnemental se justifie clairement. Les termes « vert » et « croissance » ne sont pas contradictoires. L’instauration d’une économie sobre en carbone est essentielle pour éviter que le changement climatique n’atteigne des proportions dangereuses. Elle représente également une occasion extraordinaire de favoriser la prospérité et de nous sortir des crises actuelles. Permettez-moi d’illustrer brièvement mes propos avec quelques exemples : le marché mondial des technologies vertes représente 1000 millions d’euros par an et ce chiffre devrait doubler, voire tripler, d’ici 2020. En Europe seulement, ces cinq dernières années, plus de 300 000 nouveaux emplois ont été créés dans le secteur des énergies renouvelables. Selon les estimations, la réalisation totale des objectifs en matière d’énergie et de climat de l’UE pour 2020, dont je vous ai donné un aperçu, créerait 1,5 million de nouveaux emplois supplémentaires associés à ces technologies propres. Si nous parvenions à remplir les objectifs en matière d’efficacité énergétique définis dans la stratégie Europe 2020, l’impact direct et indirect de ces mesures signifierait près de 4,8 millions de nouveaux emplois. Les emplois déjà créés et les avantages attendus sont le produit des perspectives offertes par une économie qui utilise les ressources de manière plus efficace. Il s’agit parfois d’idées très simples : des détergents utilisables à l’eau froide aux expéditions plus efficaces, des codes de construction plus intelligents au recyclage des métaux précieux. Les politiques de l’UE en matière de climat et d’énergie et leurs objectifs clairement définis ont non seulement stimulé ces développements, mais ont également donné à l’Europe et à ses entreprises l’avantage du pionnier dans de nombreux domaines, tant dans des marchés de niche que tout au long de la chaîne industrielle. La stratégie pour des carburants propres, adoptée par la Commission européenne ce mois-ci, illustre également la façon dont une approche à l’échelle de l’UE ajoute de la valeur et unifie les mesures nationales fragmentées pour créer les conditions propices à l’essor d’un nouveau secteur. Le paquet de mesures vise à mettre en place, dans toute l'Europe, des stations pour les carburants de substitution, et à fixer des normes communes encadrant leur conception et leur utilisation. En imposant aux États membres un ensemble d’objectifs contraignants en matière d’infrastructures, nous espérons rompre le cercle vicieux selon lequel la demande de véhicules est nulle faute de stations de ravitaillement et les stations de ravitaillement sont inexistantes faute de demande de véhicules suffisante. Nous espérons de cette façon stimuler le secteur, en créant de nouvelles perspectives en Europe et potentiellement dans le monde. 00:03:10
00:18:53 Discours (en ANGLAIS) de José Manuel Barroso : Mesdames et messieurs, ces exemples montrent les avantages obtenus grâce aux efforts que nous déployons en Europe. Mais il y a un autre enseignement à tirer. Dans tous les exemples que j’ai exposés, un investissement financier significatif a été nécessaire. Cela a été possible grâce à la confiance qu’inspire l’orientation à venir de nos politiques. Derrière ce climat de confiance, il y a un investissement politique considérable pour aller bien au-delà du traitement des questions au jour le jour et avoir le courage et la vision de développer une stratégie à long terme. Le prochain défi essentiel est clair : d’ici 2030, nous devons réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % afin de réaliser l’objectif consenti visant à restreindre le réchauffement atmosphérique à 2°C. Parallèlement, il est évident que nous devons également continuer de fournir des activités avec une prévisibilité réglementaire à long terme pour stimuler et verrouiller l’utilisation de technologies à faibles émissions en carbone. C’est la raison pour laquelle la Commission réfléchit déjà à une stratégie pour l’après 2020, tant à l’échelle de l’Union qu’au plan mondial. Quels objectifs en matière de climat et d’énergie devons-nous envisager ? Quels sont les meilleurs instruments pour réaliser ces objectifs ? Et quelle serait l’interaction de ces instruments avec d’autres, surtout nationaux, des taxes aux codes de construction en passant par les subventions ? Comment pouvons-nous améliorer l’interaction entre nos objectifs en matière de climat et notre besoin d’encourager la compétitivité européenne ? Soyons réalistes : une crise de compétitivité est bien à la base de la crise de la dette dans plusieurs pays européens. De mon point de vue, il s’agit d’une question clé, car nos politiques ne peuvent bien évidemment fonctionner s’il existe une quelconque instabilité économique ou politique. Je serai clair une nouvelle fois : je pense que les politiques en matière d’énergie et de climat ne s’opposent pas aux mesures encourageant la compétitivité dans toute l’Europe. Au contraire, si elles sont envisagées de manière intelligente, elles se renforcent mutuellement. Nous surveillerons donc la dimension de la compétitivité et celle des coûts énergétiques également. Comment devons-nous prendre en compte la situation internationale concernant un nouvel accord mondial sur le climat ? Il s’agit d’un objectif mouvant dont nous devons également tenir compte. L’UE continuera de participer de manière active aux négociations. Elle ne restera pas dans l’ombre, mais nous devons aussi rester réalistes : nous ne représentons que 11 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Ce serait une erreur de croire que l’Europe peut, à elle seule, porter ce fardeau. Nous souhaitons qu’un nouveau pacte vert mondial voie le jour, mais celui-ci doit impliquer une contribution équitable de tous les émetteurs. 00:02:41
00:21:34 Discours (en ANGLAIS) de José Manuel Barroso : Ce sont quelques-unes des questions stratégiques sur lesquelles nous sommes en train de réfléchir. Mais quelles que soient les réponses concrètes que la Commission préparera dans le courant de l’année, une chose est certaine : nous planifierons et mettrons en œuvre notre réponse après avoir mené une consultation approfondie auprès des États membres, des régions, des villes et des communautés d’Europe, sans oublier nos partenaires mondiaux, le milieu des affaires et la société civile. Nous devons livrer bataille ensemble, car c’est la seule façon de relever ce défi d’une génération. De bonnes propositions technocratiques ne suffisent pas. De bons accords politiques ne suffisent pas. Nous nécessitons le soutien de nos citoyens. Pour résumer : oui, les défis que nous devons affronter sont énormes et ils deviendront certainement encore plus complexes au fil du temps. Un consensus mondial est essentiel entre les gouvernements à tous les niveaux, mais aussi et surtout, entre les peuples. Je crois fermement qu’il est possible de parvenir à un développement durable inclusif. Il s’agit de l’agenda en matière de développement et de croissance mondiale et l’énergie y joue un rôle fondamental. Cette question doit donc être placée au centre de toutes nos politiques dans les années à venir. C’est la raison pour laquelle nous devons doter l’Union européenne des outils nécessaires. Dans une semaine seulement, nous attendons que le Conseil européen se prononce sur le budget de l’Union européenne pour la période 2014-2020. Il déterminera les ressources dont nous disposons pour mettre en œuvre nos politiques dans les sept prochaines années. La Commission européenne a proposé d’affecter au moins 20 % des ressources disponibles à l’objectif de la durabilité, dans tous les domaines politiques, de l’agriculture à la recherche en passant par la politique étrangère. Dans les négociations décisives, nous continuerons à mettre en avant nos arguments en faveur d’un budget orienté vers l’avenir, qui investit dans les moteurs écologiques de la croissance. 00:02:08
00:23:42 Discours (en ANGLAIS) de José Manuel Barroso : M. le Président, mesdames et messieurs, je me suis retenu, jusqu’à présent, de faire des références à la grande carrière cinématographique de l’un de nos prochains intervenants. Mais, permettez-moi de conclure en disant, Gouverneur Schwarzenegger, que ce n’est pas encore notre « dernier rempart », mais nous avons tous besoin d’incarner un peu plus le « dernier des héros » du climat et d’en faire plus, individuellement et collectivement, pour sauver notre planète en péril, et pour stimuler une durabilité intelligente et inclusive. L’Union européenne ne cessera d’apporter sa contribution et je suis certain que chacun de vous ici présent et les personnes que vous représentez feront de même. Je vous remercie de votre attention. 00:00:59
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