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01/01/2013

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Travail contre nourriture à Diapaga

La Commission européenne a renforcé sa réponse à la crise alimentaire au Sahel, alors que débute la période de soudure dans la région. La Commission européenne, le premier donateur humanitaire au Sahel, a pris la tête de la réponse préventive à la crise dès la fin de l'année 2011, et poursuit ses efforts au plus fort de la crise, d'une part en répondant aux besoins alimentaires immédiats et d'autre part en soutenant les projets qui  ont un impact positif pour l'avenir.

Grâce à Agir Sahel, un partenariat initié par la Commission européenne qui regroupe les représentants nationaux et régionaux de la région du Sahel, les ONG, les organisations d'aide et les institutions européennes, la Commission vise à garantir la sécurité alimentaire des populations du Sahel et à mettre l'accent sur l'agriculture, afin d'assurer une meilleure résistance aux futures sécheresses.

Dans la région du Sahel, une zone au sud du Sahara qui englobe le Sénégal, la Gambie, le Mali, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Tchad, le Niger et le nord du Cameroun, plus de 18 millions de personnes risquent de mourir de faim. En temps normal, cette région de l'Afrique de l'Ouest n'est que faiblement arrosée. Ces dernières années, les pluies ont été particulièrement faibles et irrégulières. En raison de faibles récoltes et du prix élevé de la nourriture, les familles  n'ont que très peu de vivres en réserve pour la période de soudure, la période "maigre" qui s'étend entre deux récoltes. Nous approchons à présent du pic de la crise: en ce moment, des millions de personnes au Sahel ont déjà leur grenier à grain vide, alors que la prochaine récolte n'aura lieu que dans quelques mois, en Octobre. Parmi leurs options, vendre leurs animaux et leurs outils ou manger le grain qui devait servir de semis pour la prochaine récolte.

Dans la province de Diapaga, à l'est du Burkina Faso, ECHO finance un projet "Argent contre nourriture" d'Action Contre la Faim. Dans cette région rurale et isolée, la récolte de l'année est de 32% inférieure à la normale, à cause des pluies très tardives et trop brèves. La plupart des familles ont récolté à peine 300 kg de sorgho et de maïs. Aujourd'hui, leurs stocks sont très faibles.

Le projet soutenu par ECHO va bénéficier à 1200 familles vulnérables: hommes et femmes sont payés pour effectuer des travaux sur les terres arables autour du village. Autour d'une rizière, les travailleurs ont construit une digue qui retiendra l'eau de pluie au cours de la prochaine saison. En échange pour leur travail, les bénéficiaires recevront en moyenne 60 000 Francs CFA au total (environ 90€) sur les 2 mois, ce qui représente l'équivalent de 3 sacs de 100g de sorgho. Ce projet est bénéfique à trois niveaux: tout d'abord, l'argent reçu permet aux familles dans le besoin de se procurer de la nourriture sur les marchés; ensuite, cet afflux de liquidités stimule l'économie locale; enfin, la digue réalisée est une construction qui se révèlera utile lors de la prochaine récolte.

L'équipe d'Arte Reportage a voyagé dans la province de Diapaga pour visiter ce projet d'Action Contre la Faim financé par ECHO. Ce documentaire de Marc Dana et Emmanuel Charieras a reçu le prix du Festival du Film humanitaire à Paris.



  • Réportage Arte: Famine au Burkina Faso