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La politique agricole commune et la stratégie de Lisbonne

Le 2 février 2005, la Commission européenne a présenté son programme de relance de la stratégie de Lisbonne. Cette stratégie vise à répondre aux besoins urgents de l'Union européenne (UE) en matière de croissance économique, de création d’emplois et de compétitivité sur les marchés mondiaux. Elle est au centre des préoccupations politiques de l'UE. La stratégie de Lisbonne doit permettre d’assurer une amélioration du niveau de vie des citoyens qui soit durable du point de vue écologique et social.

Les principes directeurs concernant la contribution de la PAC à la stratégie de Lisbonne ont été définis par le Conseil européen de Göteborg en 2001 et confirmés dans les conclusions du Conseil européen de Thessalonique de juin 2003 sur la stratégie de Lisbonne: « Une économie performante » allant de pair avec « une utilisation durable des ressources naturelles ». Ces principes ont déterminé les récentes réformes de la PAC.

Sans la PAC, de nombreuses zones rurales d’Europe connaîtraient de très grandes difficultés économiques, sociales et environnementales. Les mesures de développement rural, notamment, peuvent jouer un rôle important dans l'amélioration et la préservation de la prospérité dans les zones rurales. Dans l’avenir, la PAC continuera de contribuer concrètement à la croissance et à l’emploi.

L'agriculture, l'épine dorsale du monde rural

Le monde rural et agricole est important. Les zones rurales couvrent 90% de la superficie de l'UE et rassemblent quelque 50% de sa population. L’agriculture et la sylviculture y sont les principaux utilisateurs des sols et revêtent une grande importance dans la gestion des ressources naturelles et dans la mesure où elles façonnent les paysages. L'agriculture contribue de façon appréciable au développement socio-économique du milieu rural et à la pleine réalisation de son potentiel de croissance.

La contribution globale de l’agriculture à la prospérité de l'UE est considérable. Le secteur agroalimentaire européen (y compris le secteur des boissons) représente 14,7 % de la production industrielle de l'UE, pour une valeur totale de 792 milliards EUR. C'est le troisième employeur européen et le deuxième exportateur mondial de denrées alimentaires, la valeur des exportations agricoles se chiffrant à 61,088 milliards EUR en 2002.

Les citoyens européens sont profondément attachés à la diversité des paysages façonnés par la grande variété des structures et des modes d’exploitation agricoles de l'UE. Pour préserver ces paysages, il est nécessaire d'investir dans l'avenir, en créant de nouvelles possibilités d'emploi et en encourageant la diversification rurale. Il faut offrir aux citoyens l'occasion de créer de la richesse, et leur ouvrir la perspective d'emplois enrichissants à long terme. C’est pourquoi la stratégie de Lisbonne est aussi importante et pertinente pour l’Europe rurale que pour l’Europe des villes.

Faire en sorte que la nouvelle PAC serve la stratégie de Lisbonne

La PAC connaît un processus de réforme continu depuis le début des années 1990. Les réformes visant principalement à améliorer la compétitivité de l'agriculture en diminuant les prix de soutien et en compensant cette réduction par l'introduction de paiements directs. Une étape décisive a été franchie par la réforme de 2003/2004 avec le découplage des aides directes et le recentrage sur les préoccupations des consommateurs. Cette réforme représente un grand pas en avant vers une PAC durable prenant en compte les exigences du marché.

La nouvelle PAC, celle d'après la réforme de 2003/2004, apporte une contribution essentielle au processus de Lisbonne.

La nouvelle PAC permet aux agriculteurs de se recentrer sur leur exploitation et met l’accent sur la prise en compte des exigences du marché plutôt que sur le soutien du marché. Elle supprime bon nombre d’incitations négatives qui existaient dans l'ancienne PAC. Le développement de l'esprit d'entreprise exigera toutefois un changement de mentalité et une modification des méthodes de travail dans bon nombre d’exploitations, ce qui nécessitera des mesures de soutien et d’encouragement (tant politiques que financières). Cette adaptation restera un enjeu majeur dans les années à venir. C’est pourquoi les instruments de développement rural gagneront en importance.

Le développement rural, élément essentiel du processus de Lisbonne

Le développement rural est le principal instrument permettant la restructuration du secteur agricole et la promotion de la diversification et de l'innovation en milieu rural. L’élargissement a redessiné la carte de l'agriculture et il est essentiel pour la croissance macroéconomique de mener à bien le processus de restructuration. La politique de développement rural peut contribuer à orienter ce processus dans le sens d'une économie plus flexible apportant davantage de valeur ajoutée, dans l'esprit de la stratégie de Lisbonne.

Dans tous les États membres, le développement rural peut permettre de promouvoir la compétitivité des secteurs agricole et alimentaire. Dans ce contexte, l'innovation et les TIC ont certainement un rôle à jouer. Comme dans d’autres secteurs, il faut également que la recherche et le développement apportent des résultats utiles susceptibles d’applications concrètes sur le terrain.

Les initiatives locales comme Leader, qui a contribué à la création de nouveaux emplois, à l’amélioration des revenus et à la promotion de l'égalité des chances dans les zones rurales, ainsi que les mesures d'aide en faveur de la diversification (dans les exploitations agricoles et en dehors) peuvent jouer un rôle essentiel pour faire adhérer les citoyens aux idées européennes et pour encourager l'innovation et l'esprit d’entreprise. Dans les zones rurales, l’environnement et le tourisme rural sont de grands gisements d'emplois et de revenus.

Le résultat est au rendez-vous pour tous ceux qui font preuve de détermination et d’imagination, comme on a pu le constater sur le terrain dans les États membres.

Les priorités de l'UE en matière de développement rural

La politique de développement rural ne fonctionne pas en vase clos. Si de nombreuses actions de développement rural sont relativement modestes et concernent de petits projets d’infrastructure locaux, elles peuvent néanmoins assurer aux communautés rurales un accès aux grands projets d'investissement réalisés dans le cadre des politiques régionales et de cohésion. Grâce à des stratégies locales de diversification et de développement du secteur agroalimentaire, on pourra ainsi tirer parti des crédits communautaires considérables investis dans les infrastructures de télécommunications, de transport, d’énergie et d'approvisionnement en eau. Le développement rural peut donc contribuer à accroître l'effet multiplicateur des politiques structurelles.

La stratégie de Lisbonne met en particulier l'accent sur l'amélioration de l'enseignement et de la formation, de la recherche et du développement ainsi que sur la promotion de l'innovation et du développement durable. C'est précisément ce que la panoplie d'outils de développement rural permet de réaliser.

Si l'on veut exploiter les possibilités de croissance et d’emploi dans les zones rurales, il est primordial d'investir dans le capital humain, c'est à dire dans les qualifications et les compétences individuelles. Cette préoccupation se retrouve dans l'ensemble des activités de développement rural, sa prise en compte étant de nature à favoriser la réalisation des objectifs suivants:

  • soutenir les agriculteurs dans leurs efforts d’adaptation aux besoins du marché;
  • promouvoir de nouvelles techniques de ventes et une nouvelle approche du risque dans des marchés concurrentiels;
  • augmenter le taux d’emploi et d’activité économique;
  • promouvoir le développement de micro-entreprises;
  • faciliter l'innovation et la R&D;
  • développer un esprit d'entreprise;
  • améliorer la gestion des procédures dans la chaîne agroalimentaire;
  • encourager l'adoption et l'utilisation des TIC;
  • tirer parti des possibilités offertes par l'amélioration des infrastructures locales et la gestion écologique des sols.
Défense de l'environnement : tous gagnants

L’agriculture et la sylviculture restent de loin les principaux utilisateurs des sols et marquent donc de leur empreinte l'environnement et les paysages ruraux. L’offre de produits et services environnementaux, en particulier grâce à des mesures agro environnementales, pourra favoriser la croissance et l'emploi, notamment dans le cadre du développement des infrastructures rurales et touristiques. Il existe de nombreuses possibilités d’approches novatrices permettant d'apporter une plus-value à l'économie rurale en rémunérant les agriculteurs pour les services environnementaux qu'ils assurent et en les incitant à se diversifier dans le tourisme, l'artisanat ou la formation. On peut également envisager ce type d'actions dans le secteur non alimentaire.

L'adoption de techniques agricoles de précision améliore des performances économiques et environnementales des exploitations. Par ailleurs, les projets environnementaux, y compris ceux concernant la gestion des sites Natura 2000 , peuvent avoir des retombées indirectes importantes en faisant office de projets de démonstration, de tourisme ou de formation.

Enfin, il est possible de développer la production de biomasse et les sources d'énergie renouvelables, ce qui offrirait de nouvelles possibilités économiques dans les zones rurales, et permettrait de surcroît à l'Europe de respecter les objectifs de réduction de gaz à effet de serre fixés par le protocole de Kyoto. La PAC prévoit d'ailleurs déjà certaines mesures de soutien en faveur du développement des cultures destinées à la production d’énergies renouvelables. Il existe par exemple une aide de 45 EUR par hectare au titre des cultures énergétiques

Analyse coûts-avantages

Comme le montrent de récents sondages récents sondages les citoyens européens apprécient les avantages du nouveau mode de soutien de la PAC aux agriculteurs et aux zones rurales. Si l'on se réfère par exemple au sondage Eurobaromètre de février 2005, 66% des Européens sont satisfaits de voir la PAC passer d’un système de subventions liées à la production à un système qui finance la protection et le développement de toute l’économie rurale (par le biais d’aides directes aux agriculteurs).

Même si aux yeux de l'opinion publique européenne la PAC offre toujours un bon rapport coûts/avantages, elle n'en reste pas moins perfectible. La Commission a proposé d'allouer, sur la période 2007 2013, un montant de 88,75 milliards EUR au nouveau Fonds de développement rural unique. Tels sont les moyens à mobiliser aux fins des objectifs déclarés de la politique de développement rural, pour promouvoir l'innovation et la diversification hors du secteur agricole traditionnel et répondre aux attentes de la société, qui souhaite un secteur agricole, sylvicole et alimentaire concurrentiel, compatible avec une politique durable de l'environnement et marquant de son empreinte le tissu socio-économique des zones rurales.

La politique de développement rural suppose le cofinancement d’un éventail de mesures par l'UE et les États membres. Il appartient à ces derniers de choisir, dans un ensemble de mesures proposées au niveau de l'UE, celles qui répondent le mieux aux besoins de leurs zones rurales. Cette approche, d'ailleurs imposée par l'extrême diversité des zones rurales européennes, illustre bien la dimension de « partenariat » présente dans la stratégie de Lisbonne.

Conclusion : La PAC et la politique du développement rural peuvent changer les choses

Dans le secteur agricole et dans les zones rurales, l'UE mène une politique de croissance équilibrée, d'amélioration technologique et de création d’emplois, en veillant à ne pas hypothéquer le niveau de vie futur de telle ou telle région et en privilégiant avant tout la durabilité environnementale. Voilà pourquoi il est impossible de faire l’économie d'une PAC conçue en fonction des besoins du marché, ni d'une politique de développement rural axée sur la croissance et sur l'innovation.

 

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Newsletter - édition spéciale:  «Le développement rural au service de la croissance et de l’emploi» [pdf] (03/2006)
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